Pourquoi les images générées par IA s'agrandissent si mal, et que faire
ChatGPT, Midjourney et Ideogram produisent des pixels, pas des formes. Ce qui arrive à un logo agrandi, et comment en tirer un vrai fichier vectoriel.
Le logo sorti du générateur était très bien dans la fenêtre du chat. Puis l'imprimeur a demandé une version pour le kakémono, deux mètres de haut, et une fois agrandi, les bords deviennent mous, les lettres ondulent légèrement, les angles sont flous. Ce n'est ni votre faute ni celle du prompt. Toute image issue d'un modèle génératif ressemble à cela, parce que c'est une image matricielle.
Un générateur peint des pixels, il ignore ce qu'est une forme
Tous les générateurs d'images disponibles aujourd'hui renvoient une grille de points colorés, en général 1024 ou 1536 pixels de côté. Dans ce fichier, il n'y a aucun cercle, seulement des pixels disposés de façon à ressembler à un cercle. À l'agrandissement, le logiciel doit inventer les points manquants, donc le bord se brouille. L'imprimante à 300 dpi voit exactement le même flou.
C'est vrai de n'importe quel PNG. Une image d'IA ajoute trois problèmes qui lui sont propres.
1. Les bords ondulent
Un modèle de diffusion construit l'image à partir de bruit, étape par étape. Une ligne qui devait être parfaitement droite, ou un cercle parfaitement rond, ressortent avec une ondulation douce d'un ou deux pixels. Sur l'écran du téléphone, elle est invisible. Sur une bâche, ou après un convertisseur qui suit fidèlement chaque pixel, l'ondulation devient visible et le logo prend un air dessiné à la main que personne n'a voulu.
2. L'épaisseur du trait varie
Une lettre censée avoir une épaisseur constante est un peu plus grasse en haut qu'en bas. À 300 pixels, personne ne le remarque ; à 3000, cela saute aux yeux. Un vectoriseur ordinaire conserve cette variation, puisqu'il n'a aucun moyen de savoir que ce trait devait être régulier.
3. Les couleurs sont presque unies, mais pas tout à fait
Le rouge qui est une seule couleur dans la maquette est, dans le fichier, un nuage de centaines de rouges presque identiques avec un léger bruit. Un convertisseur simple le découpe en deux ou trois bandes, et des paliers apparaissent là où il devait y avoir un aplat. Ou bien il garde toutes les nuances et vous obtenez mille formes minuscules au lieu d'une.
L'agrandissement par IA ne règle rien
Les upscalers produisent une image matricielle plus grande : ils accentuent les bords et inventent parfois des détails. Le résultat reste des pixels. L'agrandissement suivant sera de nouveau flou, et l'ondulation est désormais gravée à plus haute résolution. Pour imprimer, découper du vinyle ou broder, il faut des formes, donc un fichier vectoriel.
Ce qu'une bonne vectorisation doit faire
- Décider ce qui est un aplat et ce qui est un dégradé, et écrire un remplissage par forme plutôt que des bandes de nuances.
- Localiser chaque bord à la fraction de pixel près et l'enregistrer comme une courbe lisse, sans perdre les angles vifs.
- Reconnaître que l'ondulation est du bruit du générateur, pas du dessin, et lisser les courbes sans modifier la forme réelle.
- Donner aux couleurs voisines une seule frontière commune, pour qu'à l'impression et à la découpe il n'y ait ni filets ni chevauchements.
C'est précisément pour cela que svgize a été conçu. Le moteur mesure d'abord comment l'image a été dégradée, puis reconstruit le logo à partir de remplissages et de bords partagés, et lisse les traits là où la source ondule. L'ondulation disparaît ; le dessin reste celui que vous avez validé.
Essayez avec votre image ChatGPT ou Midjourney
Avant de convertir : quelques conseils pratiques
- Demandez au générateur le logo sur fond blanc ou transparent, en couleurs unies, sans ombres ni effets 3D.
- Téléchargez la plus grande taille proposée. Entre 1500 et 2000 pixels, le moteur a le plus de matière.
- Si vous avez le choix, PNG plutôt que JPG. La compression JPEG ajoute ses propres artefacts autour des bords.
- Après conversion, ouvrez le SVG dans Figma, Illustrator ou Inkscape et regardez les angles à 400 %. C'est là que la différence entre le calque des pixels et la reconstruction du dessin se voit le mieux.